Je suis pansexuelle et polyamoureuse đŸłïžâ€đŸŒˆ

Photo tous droits réservés © Marie Albert

Je vous raconte comment je sors de l’hĂ©tĂ©rosexualitĂ© et de la monogamie obligatoires. C’est un long chemin, semĂ© d’embĂ»ches. Je tiens bon et je m’accroche Ă  mon rĂȘve : lĂ©cher des chattes trĂšs bientĂŽt.

Mon podcast Marie Sans Filtre est diffusĂ© sur toutes les plateformes d’écoute, ou Ă  cette adresse : anchor.fm/mariesansfiltre

Toute mon enfance, je vois l’hĂ©tĂ©rosexualitĂ© comme obligatoire. La culture dominante – romans, films, musiques – m’enseigne qu’un homme couche avec une femme, et c’est tout. Tout mon entourage est hĂ©tĂ©rosexuel : mes parents, ma famille et mes ami·es.

A l’adolescence, je connais mes premiers amours. Uniquement des garçons. J’ai des “crushs” diffĂ©rents pour chaque annĂ©e du collĂšge. Je sors avec un premier mec quand j’ai 15 ans. Il collectionne les meufs. Il me largue comme une merde aprĂšs deux jours de relation. Ensuite, j’enchaĂźne les relations hĂ©tĂ©rosexuelles, de mes 17 Ă  mes 24 ans. Je sors 3 ans avec un mec, 2 ans avec un autre mais il est violent (cf. l’épisode “Je sors deux ans avec un homme violent”), 1 an avec le dernier. Des histoires de plus en plus courtes. Je m’ennuie avec eux et les quitte assez brutalement. 

Ensuite, je multiplie les aventures avec d’autres hommes cisgenres hĂ©tĂ©rosexuels. Des aventures sans lendemain avec des hommes qui me maltraitent Ă©motionnellement. Qui me donnent des miettes de pain. Je souffre beaucoup, car je suis dĂ©pendante affective, et je dois rompre tout contact avec eux pour les oublier. J’enchaĂźne les histoires, mais ne parviens pas Ă  “me remettre en couple”. Je (re)dĂ©couvre le cĂ©libat.

ParallĂšlement Ă  toutes ces histoires hĂ©tĂ©ros, je n’ai jamais Ă©tĂ© “fidĂšle”. J’ai toujours eu des relations “extraconjugales”. J’ai embrassĂ© d’autres hommes, et surtout d’autres femmes. Je n’ai fait du sexe qu’avec des hommes cisgenres, jusqu’à aujourd’hui. Mais je suis attirĂ©e amoureusement et sexuellement par d’autres personnes : des femmes ou des personnes trans. Un jour, j’ai failli coucher avec une meuf, mais j’ai changĂ© d’avis au dernier moment. Elle ne me plaisait pas assez.

Quand je couche avec un homme cis, je ne me demande pas “s’il me plaĂźt assez”. J’y vais, je consomme, et je repars. J’adore le sexe et je peux coucher avec des personnes qui ne me plaisent pas. Mais je dis souvent que “j’ai un blocage avec les meufs” parce que je rĂ©flĂ©chis 1000 ans avant de faire le premier pas ou de coucher avec l’une d’elle. Il faut vraiment qu’elle me plaise, que je sois sĂ»re Ă  100% que nous allons passer un bon moment. C’est impossible Ă  vĂ©rifier. Alors je me dĂ©motive. Je laisse tomber.

Je n’ai couchĂ© qu’avec des hommes cis, dans ma vie, mais j’ai embrassĂ© plusieurs femmes. Je sais que je suis pansexuelle car je suis attirĂ©e par des personnes de tous genres. D’autres personnes me dĂ©finiraient comme bisexuelle. Les deux mots me conviennent. Je ne suis pas hĂ©tĂ©rosexuelle. 

Je ne suis pas monogame non plus. Je me dĂ©finis comme polyamoureuse car je ne souhaite plus de relation exclusive, dans laquelle je dois “fidĂ©litĂ©â€ sexuelle Ă  la personne avec qui je relationne. Je ne crois pas Ă  la monogamie, et elle ne me rend pas heureuse. Pendant ma derniĂšre “longue” relation avec un homme, entre 2017 et 2018, j’ai proposĂ© une relation “libre” Ă  mon copain et il a acceptĂ©. Bon, je lui ai proposĂ© cette relation libre aprĂšs avoir couchĂ© avec quelqu’un d’autre, donc ce n’est pas honnĂȘte. Mais la fin de notre relation s’est faite sur ce mode : “On couche avec qui on veut mais on ne se raconte rien”.

Parce que je ne veux pas savoir avec qui couche l’autre personne. Je ne veux aucun dĂ©tail. Je sais que je serais jalouse. A long terme, je sais que mes principes sont fragiles. Imaginons que l’autre personne tombe amoureuse de quelqu’un·e d’autre ? C’est le principe d’une relation polyamoureuse. Il faudra bien qu’elle me le dise Ă  un moment. Est-ce que je serai jalouse ? Est-ce que je souffrirai ? Sans doute. Les personnes qui vivent des relations polyamoureuses aujourd’hui disent que c’est toujours difficile Ă  mettre en place et Ă  vivre sur le long terme. Mais je veux essayer. L’autre modĂšle hĂ©tĂ©ro et exclusif ne me convient pas, de toute façon.

Je n’ai jamais fait de coming out pansexuel ou polyamoureux. C’est peut-ĂȘtre aujourd’hui que je le fais, dans ce podcast. Mes parents ne me croient pas quand je leur dis que je suis pansexuelle, ou bisexuelle (car je n’ai relationnĂ© qu’avec des hommes cis jusqu’à maintenant, ce qui est un argument panphobe/biphobe). Mes ami·es s’en foutent et/ou le savent dĂ©jĂ  depuis des siĂšcles. Je ne me sens pas discriminĂ©e, mais je n’ai jamais tenu la main d’une meuf ou d’une personne non binaire dans la rue. Je n’ai pas fondĂ© de famille queer. Je passe pour “hĂ©tĂ©ro” dans l’espace public depuis que mes cheveux repoussent. J’ai toujours portĂ© des mini-jupes et sautĂ© sur les mecs mignons qui m’entourent. 

Je culpabilise de dĂ©sirer toujours des mecs cis. L’étĂ© dernier, aprĂšs ma relation fiasco avec Yannis Bayouri le harceleur (cf. les Ă©pisodes “Je survis Ă  la dĂ©pendance affective” et “Je survis au harcĂšlement de mon ex”), je me suis promis de ne plus jamais relationner avec un homme cis de ma vie. Vous devez savoir que je me fais cette promesse une fois par an environ, et que je ne la tiens que quelques mois Ă  chaque fois, avant de “cĂ©der” l’étĂ© suivant face au “charme” d’un mec cis quelconque. Je n’ai relationnĂ© avec personne depuis aoĂ»t 2021. J’imagine que j’aurai une nouvelle histoire naze avec un mec cis cet Ă©tĂ©, donc.

Vous devez penser “Mais pourquoi n’essaie-t-elle pas de relationner avec une meuf, ou une personne trans ?”. Je ne sais pas pourquoi. Je n’y arrive pas. DerniĂšrement, j’ai eu un crush sur une meuf cool, mais quand j’ai essayĂ© de la choper, aprĂšs DES MOIS d’approche, elle a pĂ©cho un mec cis lambda Ă  cĂŽtĂ© de moi. La plupart du temps, je trouve des excuses pour ne rien tenter et rester dans ma caverne. Les meufs sont mes amies, et quand elles me plaisent, je crains qu’elles ne soient hĂ©tĂ©ros ou pas attirĂ©es par moi. Au contraire, quand un mec cis croise mon regard, je fais n’importe quoi pour le choper. Je sais exactement quels leviers actionner. Je les considĂšre comme des objets sexuels, et vice versa. J’assouvis mon dĂ©sir, mon instinct, mon envie. Je ne rĂ©flĂ©chis pas, je fonce. Quelques jours plus tard, je souffre. Si vous ne comprenez pas ce que je raconte, je vous redirige vers mon Ă©pisode “Pourquoi je tombe amoureuse des connards”.

Je suis donc pansexuelle et polyamoureuse mais concrĂštement, il ne se passe rien. Je suis cĂ©libataire depuis aoĂ»t 2018. Ça fait bientĂŽt quatre ans. J’anime un autre podcast qui s’appelle Sologamie, “pour les cĂ©libataires qui n’ont besoin de personne”. Je dis que je suis misandre (je dĂ©teste tous les hommes cis) mais je continue de coucher avec certains d’entre eux (et je choisis les pires) irrĂ©guliĂšrement. Mes histoires avec les meufs sont trĂšs trĂšs trĂšs courtes, voire inexistantes. Je ne supporte pas les applications de rencontre (si vous voulez savoir pourquoi, Ă©crivez-moi pour me demander un Ă©pisode de podcast sur le sujet). Je suis cĂ©libataire politique et cela me convient. Mais j’espĂšre qu’un jour je lĂšcherai des chattes, et franchement j’ai trĂšs hĂąte.

VoilĂ , je clos cet Ă©pisode avec cet espoir.

Pour me suivre sur les rĂ©seaux sociaux : @mariealbertfr

Pour recevoir ma newsletter : cliquez ici

Pour rĂ©munĂ©rer mon travail : fr.tipeee.com/mariealbertfr

Marie Albert

10 juin 2022

Marie Albert

AventuriÚre, journaliste et autrice féministe

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Revenir en haut de page